Une visite chez Shinto


C’est du côté ouest-flamand de notre petite Belgique où nous nous rendons pour une visite à Shinto et son gérant Thierry. Des petits chemins étroits entre les champs nous mènent vers Wakken et là, c’est dans le jardin de la maison que nous trouvons Shinto. Une serre avec quelques bassins, il n’en faut pas plus, en fait, pour devenir négociant en Koï. Thierry, néanmoins, ne se considère pas ainsi : «En fait je suis encore un amateur. Je travaille à plein temps et, avec ma femme, nous gérons Shinto en plus. Nous sommes depuis 20 ans dans le Koï et, il y a 13 ans environ, mon épouse a eu l’idée de créer l’entreprise. Chaque année je me dis que je vais arrêter l’affaire, mais d’une façon ou d’une autre je n’y arrive pas ! Toutefois, nous allons un peu diminuer l’activité en arrêtant, par exemple, le polyester. Auparavant, ma femme et moi le faisions ensemble mais depuis ses maux de dos cela n’est plus possible. Pour alléger un peu les journées, je préfère me focaliser sur les poissons».

Une fois l’an, Thierry va au Japon : « Pouvoir aller au Japon, pouvoir choisir et négocier, c’est la partie du commerce que je préfère. L’odeur des serres là-bas, le paysage magnifique et les poissons incroyables sont un enchantement ! Malheureusement, il faut bien dire que les achats deviennent de plus en plus difficiles. Les clients s’attendent souvent à une magnifique femelle Koï pour seulement 200 euro mais ça, c’est impossible. Je pars bien avec certaines commandes de mes clients dans la tête mais je reviens souvent les mains vides parce que je n’ai pas pu les satisfaire. J’essaie de viser, avec mon offre, un budget raisonnable. J’achète rarement des Tosaï parce que je n’arrive pas à les vendre. Les clients trouvent cela trop risqué et d’ailleurs, au Japon on ne peut choisir que dans le deuxième ou troisième choix ». Thierry vend relativement peu de Gosanke. D’autres variétés plus rares se vendent facilement, comme les Shiro Utsuri, les kikusui, les Goromo, etc… Il essaie régulièrement d’autres variétés et parfois il se trouve devant des surprises pour ce qui concerne la facilité ou la difficulté à les vendre.

Mais comment Thierry a-t-il commencé avec les Koï ? Thierry : « Le bassin dans mon jardin a été dessiné par un architecte spécialisé, mais je l’ai construit moi-même en y incluant les plantes. Je voulais y mettre quelque chose d’autre que des poissons rouges, ça devait être plus intéressant pour moi. Donc j’ai commencé à faire des recherches dans la bibliothèque et c’est ainsi que j’ai trouvé le Koï. C’était dans un vieux livre mais j’ai été très impressionné par les photos de ces magnifiques poissons. J’ai fait plus de recherches et je me suis lancé. Ce n’était pas évident il y a 20 ans, il y avait à peine quelques informations disponibles là-dessus. Donc j’ai fait beaucoup d’essais et d’expériences pendant toutes ces années. J’ai fabriqué moi-même mon filtre selon l’exemple du livre de Louis Vanreusel. Et ce système marche maintenant invariablement depuis 18 ans. Le bassin fait 15.000 litres et la filtration fait 7.000 litres. Depuis les bondes de fond, l’eau va vers le préfiltre (de type Vortex) et ensuite dans un filtre multi-chambres avec des tapis japonais et des kadness. Les deux autres bassins ont une filtration de type Nexus et j’ai l’intention d’y installer un filtre à tambour pour pouvoir le montrer aux clients intéressés. Les Koï pour la vente se trouvent dans la serre, dans cinq bassins de 10.000 à 15.000 litres d’eau, tous filtrés séparément avec des multi-chambres. Dans le dernier bassin de mon jardin, se trouvent des poissons qui me servent pour mes expérimentations. J’y ai quand même mis quelques Tosaï pour voir comment je peux les faire croître. En général j’utilise de l’eau de source, mais dans ce dernier bassin, j’utilise l’eau de l’étang d’à côté qui sert pour la pêche. Je renouvelle ainsi l’eau en permanence et je dois dire que la croissance est bonne ! ».


Pour un homme qui prétend, depuis des années, qu’il va arrêter, Thierry est un homme plein d’idées pour l’avenir et il les réalise en plus ! Nous lui souhaitons, de toutes façons, beaucoup de succès pour les prochaines années.

Bijhorend filmpje : zie media.
http://www.shinto.be/